
La vente directe, via les Amap, assure aux producteurs un volume de vente
Loin de la porte de Versailles et des stars du salon de l'agriculture, c'est dans une cave qu'ici tout commence. Celle que la MJC de la place des Faïenciers prête depuis bientôt sept ans à l'Amap* rive gauche. Il est 18 h 30 et Laurent Delaporte est encore en train de décharger son camion quand arrivent ses premiers clients.
Une clientèle nouvelle qui a envie de manger sain
Maraîcher à Emanville, dans le canton de Pavilly, depuis 2006, Laurent Delaporte a opté pour une agriculture biologique. Il débute seul avec 3 hectares de légumes. Aujourd'hui, il travaille avec son épouse, emploie un salarié à mi-temps, un apprenti et, l'été, un employé saisonnier. L'agriculture biologique réclame davantage d'attention, « plus de travail et de surveillance », explique Laurent Delaporte. Mais l'appellation AB lui permet aussi de trouver des débouchés à sa production. « Le fait d'être dans une petite exploitation permet de valoriser le travail et d'avoir une approche différente de celle d'un agriculteur conventionnel en allant jusqu'au consommateur, comme ici. » L'Amap fait partie de ces débouchés que représentent les circuits courts de distribution. Cette part d'activité représente selon lui « environ 20 % du chiffre d'affaires ». Le reste est réalisé sur les marchés, clos Saint-Marc samedi et dimanche, le samedi aussi au Petit-Quevilly. Sachant que la ferme est aussi ouverte le vendredi de 17 h 30 à 19 h 30. Si le nombre de petits producteurs en maraîchage augmente (lire par ailleurs), ils n'en sont pas à se faire concurrence. « Autour de Rouen, nous sommes une petite dizaine et la clientèle évolue », a pu constater Laurent Delaporte. « En parlant avec mes clients, je comprends que de plus en plus les gens cherchent à mieux manger. Ils veulent manger des produits sains mais aussi retrouver des produits qui ont du goût. » Ce que confirme l'un des bénévoles fondateurs de l'Amap rive gauche, Cédric Fisson : « On a commencé à fournir paniers et aujourd'hui nous avons 120 adhérents. Les premiers étaient surtout des militants. Aujourd'hui, effectivement, nous avons des gens qui veulent juste bien manger, en bénéficiant de prix intéressants pour du bio. » Autre constat : la filière de proximité attire une clientèle plus jeune qu'il y a encore dix ans.
* Association pour le maintien d'une agriculture paysanne
Evolution En France, 4 % de la surface agricole utilisée (SAU) est dédiée à l'agriculture biologique. En Basse-Normandie, c'est 3,7 %. Malgré une forte évolution depuis 2010, l'agriculture biologique ne représente toujours que 0,9 % de la SAU en Seine-Maritime.
Publié le vendredi 01 mars 2013 à 07H23





